Le professeur Gaëtan Garraux du Service de neurologie au CHU de Liège a soutenu le lancement d’i-PROGNOSIS en Belgique. Il est notre dernier ambassadeur du projet ! Dans cette interview, il nous explique la prévalence de la maladie dans son pays et les possibilités de recherche futures.

Qu’en est-il de la maladie de Parkinson en Belgique ?

On ne dispose pas de cadastre de la maladie en Belgique, mais il existerait plus de 30 000 personnes atteintes selon les estimations scientifiques actuelles. L’âge étant reconnu comme un facteur de risque majeur de la maladie, la communauté scientifique s’attend à une épidémie au cours des prochaines décennies, entraînant un impact socio-économique majeur vu son potentiel évolutif sur plusieurs (dizaines) d’années en l’absence de traitement curatif disponible.

Vous avez décidé d’aider au lancement de l’app iPrognosis en Belgique. Quel potentiel voyez-vous en les technologies digitales pour aider au diagnostique précoce de la maladie ?

On ne dispose ni d’un test diagnostic fiable et précoce de la maladie ni d’outils capables de mesurer objectivement l’évolution des répercussions fonctionnelles de la maladie après son diagnostic.

L’application mobile iPrognosis fait partie de la liste des technologies candidates qui pourraient contribuer à atteindre ces objectifs.

Quels sont les prochains défis auxquels la recherche devra faire face ?

Les attentes des patients et du grand public concernent un diagnostic précoce et un traitement permettant au minimum d’infléchir le potentiel évolutif de la maladie. Ces défis sont de taille pour cette maladie insidieuse, aux causes probablement multiples, et qui perturbe le fonctionnement du cerveau plusieurs années avant que le tremblement ou d’autres troubles du mouvements ne soient remarqués par les patients ou leur entourage.

A défaut d’un test diagnostic fiable et précoce, la stratégie actuelle repose sur l’identification de personnes qui n’ont pas encore développé les symptômes caractéristiques mais présentent un profil de risque élevé pour la maladie : par exemple, celles porteuses d’un gène anormal impliqué dans la maladie ou celles qui présentent un cortège de signes prémonitoires dont des rêves très animés, voire violents, la nuit. A l’heure actuelle, cette stratégie ne concerne qu’un faible nombre de personnes parmi celles qui développeront un jour la maladie.

Ajouter l’utilisation des technologies digitales accessibles au grand public pourrait permettre d’identifier davantage de personnes dites à risque. Un long travail de validation est cependant indispensable afin d’éviter toute dérive dans l’utilisation de ces nouvelles technologies à des fins diagnostiques.

Un diagnostic précoce n’a réellement de sens pour les patients que si l’on peut leur proposer parallèlement un traitement permettant de freiner voir de stopper l’évolution de la maladie. Toutes les tentatives en ce sens ont échoué jusqu’à présent mais les dernières avancées scientifiques visant un traitement personnalisé, propre à chaque individu et à son « profil », sont porteuses de grands espoirs comme cela est le cas dans le domaine de l’oncologie.

Lire toutes les autres interviews
Devenir un ambassadeur du projet